L’impact économique du Festival de Sélingué revisité

Dans le cadre de la 6ème édition du Festival International de Sélingué, pour son 14ème numéro le Grand Débat Economique s’est délocalisé à Sélingué. Au cours de ce débat la réflexion a porté essentiellement sur « l’impact du Festival sur l’économie locale ».

Du 23 au 26 mars 2017, Sélingué, la capitale de la Commune rurale de Baya, a été le point de convergence des acteurs culturels du Mali et de nombreux festivaliers. Pendant trois jours, l’économie de cette localité a tourné au rythme du festival. Les transports, l’artisanat, le tourisme, l’hôtellerie et la restauration, sont les secteurs qui vécu le festival, sans oublier les acteurs du petit commerce de la localité. Mais plusieurs observateurs, satisfaits du niveau d’organisation, pensent que le Festival peut mieux faire pour impact beaucoup plus conséquent sur le développement local de Sélingué.

Pays dont le tourisme est essentiellement à vocation culturelle, le Mali doit rapidement travailler pour qu’à la sortie de la crise, le secteur touristique puisse jouer un rôle prioritaire dans le développement du pays.

 

En même qu’il faut le renforcement des infrastructures et la capacité des acteurs, il y a un travail de fond à faire pour que la plupart des projets culturels ou manifestations culturelles de grande envergure puisse rapidement devenir des industries culturelles.

 

Des manifestations culturelles l’ont compris dès leur naissance. Parmi elle, l’on peut citer le Festival International de Sélingué, même s’il y a des efforts à faire, pour hisser de façon définitive cette manifestation dans le trio de tête de l’agenda culturel malien.

 

Comment transformer un projet culturel en une industrie capable de créer des emplois et promouvoir des secteurs économiques d’une localité ? Cette sempiternelle question est sur de nombreuses langues et revient dans tous les débats. Le Festival de Sélingué ne pourra pas se débiner, même si les organisateurs, il y a 6 ans ont lancé le projet dans cette optique.

 

C’est pour évaluer en quelque sorte les efforts qui ont été abattus pour que la manifestation fasse sa mutation définitive vers une industrie culturelle capable de tirer l’économie locale que « Le Grand Débat Economique » a transporté son plateau à Sélingué.

 

« Nous sommes ici pour nous interroger sur le bilan et l’impact réel du Festival sur l’économie de la localité et nous sommes un peu au regret de constater bien qu’invité à participer à ce débat le maire de la localité, Magatte N’Diaye, n’a pu venir expliquer en des termes clairs ce que le festival a apporté à sa collectivité », nous indiqué Issa Fakaba Sissoko, journaliste animateur du Grand débat économique, que nous avons rencontré après le débat.

 

Cependant, il à noter que « pour l’administrateur du Festival, la manifestation a impulsé une nouvelle dynamique à l’activité économique de la commune rurale de Baya ». En effet, dans le débat, Ibrahim Coulibaly « IC », Directeur du Festival, a indiqué que « le Festival de Sélingué est une aubaine pour les acteurs hôteliers, qui ont vu leurs chiffres d’affaires s’accroitre au cours des six derniers mois ». Mieux, il a ajouté que les 23, 24, 25 et 26 mars 2017, tous les hôtels ont affiché complet à Sélingué. Avant de constater que « les secteurs des transports et de la restauration ont tourné en plein régime ». Quand on ajoute à cela le fait que les 6 éditions du festival ont contribué à faire connaître d’avantage Sélingué au plan international et de lui donner un nouveau visage, Ibrahima Coulibaly dira que le Festival a et aura un impact remarquable sur le développement de la localité.

 

Pour sa part, Assane Koné, Journaliste culturel malien et Président du Réseau des Journalistes pour la promotion des initiatives culturelles, son vis-à-vis dans le débat, partage le constat. Mais, il a pensé en revanche que les organisateurs peuvent mieux faire.

 

Selon le journaliste culturel, les insuffisances (pour mieux professionnaliser la manifestation et la faire profiter aux populations de Sélingué) peuvent être améliorées. Parmi ces insuffisances, il mettra l’accent sur la problématique de l’accès à l’hébergement, qui reste un véritable casse-tête pour les organisateurs et les festivaliers. Il a même qualifié ce problème de talon d’Achille du Festival International de Sélingué.

 

Mais, se voulant très rassurant sur le traitement de ce problème, l’administrateur du Festival dira qu’il est prévu un projet de construction d’un centre d’hébergement qui doit permettre dans un programme d’urgence la réalisation de 200 chambres. Il a aussi annoncé qu’une campagne est en cours pour inciter les opérateurs économiques à investir à Sélingué dans les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration.

 

Toujours dans l’espoir d’améliorer la tenue de cette manifestation qui mobilise d’année en année des milliers de maliens et même des festivaliers qui viennent des pays de la sous région, le journaliste culturel Assane Koné pense aussi à la professionnalisation des restaurants dans la localité. Selon lui, une chose est de créer des restaurants et c’est tout une autre chose que ces restaurants répondent aux exigences des clients et des normes en la matière.

 

Il a aussi proposé une plus grande implication des universités de Bamako pour plus de visibilité et de mobilisation des participants au festival. Parce qu’à son sens, il pense que la manifestation n’a pas atteint sa capacité maximale de mobilisation qui lui assurerait des ressources conséquentes pour sa pérennisation.

 

Si le journaliste culturel pense que le Festival international de Sélingué est l’une des meilleures initiatives culturelles, il peut et doit aller plus loin en devenant une véritable opportunité de création d’emplois (même temporaires) pour les jeunes, mais également devenir une industrie capable de produire de nouveaux talents artistiques dans la localité.

 

Organisé par l’Association Forum de la Presse du Mali, « Le Grand Débat Economique » est un projet citoyen nourri par un groupe de journalistes maliens dont l’objectif est de promouvoir la culture du débat, l’échange et la mutualisation des connaissances autour des questions économiques. Une fois par mois deux invités s’affrontent autour d’un thème économique qui divise les Maliens.

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