Mohamed Alassane et le Festival au désert

Mohamed Alassane, Chargé de communication du bureau du Festival au désert : «Ce sont des messages de paix que nous avons véhiculés au cours de la Caravane».

Pourquoi une telle caravane ?
Mohamed Alassane : Nous avons l’habitude d’organiser le Festival au désert à Essakane, qui est connu de tout le monde. Aujourd’hui, ce Festival, on est privé de le faire, parce qu’il y a les armes dans le Nord. Nous ne voulons pas mettre la vie des gens en danger. C’est pourquoi nous avons décidé d’organiser cette Caravane culturelle pour la paix qui a pris fin à Bamako avec une soirée géante. Elle a été organisée par trois Festivals : le Festival au désert, le Festival sur le Niger et le Festival Taragart du Maroc. Elle est partie à partir du Maroc et de là, on est venu se retrouver à Ségou  au Festival sur le Niger où nous avions été accueillis par le directeur dudit Festival, M. Daffé. De Ségou, nous avons fait Koutiala où on a été accueilli aussi par Abdoulaye Diabaté, en passant par San. De San, la Caravane a continué sur Mopti où nous avons fait un concert géant avec de grands artistes. Il nous a été demandé par le ministère de la Culture et celui de la Réconciliation nationale de le faire les 20 et 21 février 2015 au bord du fleuve Djoliba, en face de l’Ensup à Bamako, pour montrer à tout le monde que la Caravane a cherché la paix à travers le pays. Nous sommes à notre  2ème édition, parce qu’en 2014, nous étions au Burkina Faso et nous avons sillonné tout ce pays.  À cette édition au Burkina Faso, nous avons passé en Mauritanie, au Maroc et en l’Algérie. Cette année, ce sont les gens du Maroc qu’on a rencontrés à partir du Festival sur le Niger à Ségou, pour aller ensuite à Mopti. Et à la clôture de la Caravane ici à Bamako, nous avons invité la Première Dame pour qu’elle vienne présider l’événement. Il y avait de grands artistes comme Oumou Sangaré, Baba Salla, Tarkit, Salif Keïta et beaucoup d’autres.

Pendant la Caravane, quels ont été les messages forts que vous avez eu à véhiculer?
Les messages que nous avons véhiculés, ce sont des messages de paix. Nous avons été avec des artistes et nous sommes des hommes de culture et d’art. Ceux qui avaient des guitares ont joué pour demandé la paix et les artistes comme Oumou Sangaré, Haïra Harby, Salif Keïta et autres ont tous chanté pour la paix. Nous avons parlé dans le sens de la paix et nous ne voulons que la paix, rien que la paix.

Pensez-vous qu’une telle caravane pourra apporter quelque chose dans le processus de la réconciliation et de la paix ?
C’est ce que nous souhaitons. Nous n’avons que nos voix pour demander et chercher la paix parce que nous ne vivons que de l’art, du Festival et nous volons présenter le pays partout à travers le monde. Notre souhait, c’est de chanter la paix et la réconciliation. Nous ne pouvons pas imposer quelque chose, ni prendre des décisions, nous n’avons que le créneau du podium pour chanter et demander la paix.

Quel soutien la Caravane a apporté aux réfugiés que vous avez rencontrés ?
Le soutien que la Caravane a apporté aux réfugiés, c’est leur donner espoir. Nous leur avons redonné confiance pour la paix et pour la réconciliation nationale. La Caravane a permis à ces réfugiés, nostalgiques de la musique malienne, de vivre un moment de joie et d’embrasser certaines de leurs connaissances. Notre Caravane est devenue, quelque part, une retrouvaille, un carrefour d’échanges et de partage.

Quel appel avez-vous à lancer aux acteurs du processus de paix à Alger ?
Mon message, c’est la paix pour tous. On souhaite la paix parce que s’il y a la paix, il y a tout. S’il y a la paix, il y a le bon-vivre. Les artistes, les artisans, les touristes peuvent exploiter le pays, mais à condition qu’il y ait la paix. Par rapport à ce qui se passe à Alger, il y a de grands hommes qui décident et qui ont du talent autour de la table des négociations. Je pense qu’ils vont trouver la solution.

Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées durant la caravane ?
Les difficultés, on ne peut pas les compter car elles sont nombreuses. Ce que nous voulions à travers cette Caravane, c’était de voir le monde, les cœurs des gens vibrer autour de nos concerts et le sourire partout. Sinon, si nous essayons de calculer et de voir les difficultés, nous n’allons pas organiser encore de Caravane.

Avez-vous quelque chose à dire en guise de conclusion ?
Le Festival au désert, le Festival sur le Niger et le Festival Taragart du Maroc, leurs trois directeurs ont marché avec des hommes et des femmes. Ils se sont rencontrés et ont crié sur le plateau partout la paix. Nous avons marché pour traverser la frontière Burkina Faso-Mali en chantant l’hymne national.

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